jeudi 5 octobre 2017

"Et l'été déjà mort n'avait pas une ride"


  Ce n'est pas par hasard que je commence ces lignes par une citation de Marcel Pagnol. Car cet été! Cet été... Je ne le regretterai pas. Trois mois sans aucune goutte d'eau, et de grosses chaleurs à n'en plus pouvoir. Arroser, toujours, tous les jours à se prendre pour Jean de Florette. 
  L'arrivée de l'automne est un soulagement, même si de l'eau il n'en est toujours pas tombé au moins travailler redevient agréable.

La cueillette quotidienne des fleurs : Mauve, bleuets, pavots de Californie. Deux heures de cueillettes tous les jours pendant l'été. Malgré la répétition, je ne peux que rester émue devant les paniers et une joie particulière m'anime lorsque j'étale les fleurs dans les claies du séchoir.

   Malgré tout, ce fut une belle saison même si elle a demandé beaucoup d'efforts. Des centaines de kilos de plantes ramassées, effeuillées, séchées et mises en sac ou transformées. De beaux moments de partage avec les ami-e-s venus filer la main pour effeuiller la mélisse ou mettre les tisanes en sachet en papotant.


Cueillette du millepertuis (à gauche) et de l'hélichryse (à droite) pour les mâcérations huileuses à partir desquelles je fabrique les baumes.





  Des moments de découragement quand les chaudes journées s'étirent, à n'en plus finir. L'envie de tout envoyer bouler, pour aller se baigner au lac ou à la rivière, et puis mince! Finalement y aller, avec une bonne bière fraîche, le marmot, et un bouquin. Et puis rentrer, arroser, désherber, profiter d'un semblant de fraîcheur. Le meilleur moment de la journée!



    Je vais un peu vite en disant que la saison est finie, car en octobre c'est reparti pour de grosses cueillettes de plantes. Menthes, mélisse et verveine sont reparties de plus belle. Même l'hysope à refleurie! Tous les jours, des draps de plantes à effeuiller m'attendent. Mais les oiseaux sont revenus! Et tout en travaillant, je ris en regardant un énorme écureuil ayant élu domicile dans mes jardins se chamailler avec les pies pour leur piquer des noix.
Penser (de chaque) du jour : Cueillir, c'est rapide. Effeuiller beaucoup moins.
  Quand les sacs de plantes sèches s'amoncellent et qu'il fait trop chaud pour travailler dehors, je travaille sur les mélanges et je met en sachet, au frais à la maison. Je suis heureuse car ma gamme est prête, une dizaine de mélanges mis en sachet et étiquetés. Ça prend forme!
Confection des mélanges : les plantes sèches sont étalées et brassées sur de grands draps puis mises en sachet.


   Avec l'automne, les envies renaissent, des projets pour l'hiver, pour le printemps. Des questionnements aussi, est-ce que je veux continuer de travailler seule? Ou pas?
   Quelles variétés de rosiers vais-je planter? Damas ou Provins?
 Je liste les chantiers d'hiver, je pense aux vacances qui arrivent et que cette année je vais saisir.
 Et puis je me transforme en commerciale, car il faut bien vendre tous ces produits, prendre ce temps malgré la lumière d'automne qui illumine les jardins et m'appelle dehors.

La danse des papillons sur les échinacées.



Et on finit sur une petite note d'estragon :



À Aurore

George Sand
La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.
Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.
Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

dimanche 7 mai 2017

Le temps des cueillettes

"J'ai partagé le monde en deux :
d'un côté il y a ce qui est poétique
de l'autre côté ce qui ne l'est pas.
Ce qui est poétique existe à mes yeux,
ce qui n'est pas poétique,
je ne le regarde même pas" 
(Alexandre Romanés, sur l'épaule de l'ange.)


Cueillette de coucous (primevères officinales) et ail des ours en montagne
Merci à ma maman Laetitia pour les photos!

     Et voilà que les gais rossignols et les merles moqueurs sont tous en fêtes, et si nous ne sommes visiblement pas encore  au temps des cerises me voilà déjà au temps des cueillettes. Car voilà, ici en Provence c'est au printemps que tout se joue, et il faut aller vite, courir après les fleurs, les feuilles et les bourgeons. Dans les bois, dans les prés, au bord des ruisseaux, sur les coteaux, les cueillettes s’enchaînent. Dans les épines des prunelliers, des aubépines et des ronces. Dans la douceur de la primevère, de la mauve ou du lierre terrestre. Dans l'odeur souffrée de l'ail des ours. Les mains tantôt noircies par la sève des bourgeons de pin ou du latex des feuilles de figuier, tantôt vertes des feuilles de frênes ou jaunies par le pollen des fleurs de sureau. La cueillette, c'est ma liberté.


Cueillette et séchage des bouquets d'Aubépine, récoltée en bouton lorsque ceux-ci sont bien blancs et bien gonflés, prêts à éclore.

   Après la cueillette, je transporte les plantes au séchoir. Mais la plupart des plantes ont besoin d'être travaillées avant (ou après) le séchage, c'est ce que l'on appelle le mondage. Les feuilles de ronces et de framboisier sont ramenées en vrac, puis les feuilles sont découpées au ciseau. Les feuilles de figuiers sont tronçonnées en menus morceaux. Dans tous les cas, il y a toujours un tri à faire avant ou après le séchage.


Mondage en famille, cueillette de bourgeons de pin

   Entre deux cueillettes et le travail aux jardin, je deviens petites mains, je met en sachet, en flacon, en bouteille. Parfois je deviens aussi graphiste autodidacte afin de concevoir les étiquettes des produits.

Les produits arrivent!

Cueillettes de fleurs comestibles et herbes fraîches
pour les restaurants.
Pressage, filtration et mise en flacon
des extraits de plantes : alcoolatures,
extraits de bourgeons.



 Mais voilà déjà que les jardins m'appellent, il faut préparer le sol pour l'arrivées des plantes cultivées, celles qui ont besoin de nous, de nos soins. Les menthes, mélisses, verveines, hysopes etc.. arrivent la semaine prochaine. Je reprend à contre-coeur la remise en état des faïsses (*parcelles en terrasse). Ras-le-bol des gros chantiers, mais cette fois-ci j'en vois le bout. Bientôt tout sera en place, enfin presque, puisqu'il faut bien toujours des rêves et des projets.


lundi 27 mars 2017

Giboulées

Récolte du prunellier, je ramasse
 les rameaux en boutons
avec quelques fleurs déjà écloses.

       C'est l'heure du grand réveil. Les grues, les hirondelles sont de retour. C'est comme ça, un jour c'est le printemps, on sort les faucilles et on part cueillir. Ça commence tranquillement, et sans s'en rendre compte on commence à courir derrière le thym, le romarin, le prunellier, les bourgeons de pin. On laisse tomber les chantiers inachevés, on se promet de finir tout ça l'hiver prochain et on plonge! La saison démarre.
Chargement du séchoir  qui prend du service avec Pauline!




Cueillette du thym en bouton.
Après séchage, le thym est battu dans un grand drap, puis passé à travers plusieurs tamis : un tamis à mailles
moyennes pour éliminer les branches et les intrus, puis un tamis à maille fine pour enlever la poussière
jusqu'à obtenir un joli produit.

   Cette année, enfin, je ne me consacre qu'aux plantes (enfin presque). La cueillette des bourgeons vient de se terminer. La médecine des bourgeons s'appelle la gemmothérapie. On ramasse ceux-ci à un stade très précis, qui dure de quelques heures à un ou deux jours : au moment du débourrage. C'est là qu'il ne faut pas se rater! Les bourgeons renferment toute la puissance du végétal et cela est palpable même durant la cueillette.
   Les bourgeons frais sont immédiatement mis à macérer sur le lieu de cueillette  dans une solution à base d'eau de source, de miel biologique et d'alcool dans laquelle ils macéreront un mois avant d'être filtrés et mis en flacon.
  Je profite des jours de pluie pour finaliser les dossiers de déclaration de compléments alimentaires, sans quoi je ne peux pas commercialiser les extraits de bourgeons, et à finir mes étiquettes.



Préparation de la base de macération
pour les bourgeons : eau de source,
miel biologique et alcool.





  Qui dit printemps, dit ménage de printemps! N'allons pas jusqu'à dire que c'était mal rangé, voir même que qu'il y avait de tout partout... Non non, pas du tout, il s'agissait simplement de faire un peu de place, pour pouvoir travailler. Rangement et inventaire du stock, ré-aménagement, re-manchage des outils, tri, nettoyage, graissage, huilage : en bref, grand ménage.

Rangement de l'atelier, on y est presque!









    Demain, c'est le grand  jour, celui de l'ouverture du canal et de l'arrivée de l'eau dans les jardins. Maintenant, c'est le moment de travailler le sol et de préparer les planches de culture pour semer les annuelles (calendula, bourrache, mauves, basilics etc..), et mettre en place les plantes pérennes (verveines, menthes, hysopes, camomilles etc...) au mois de mai.

binage des jeunes framboisiers


 Demain matin
Je prendrai le chemin
des collines faucille
à la main

Demain matin
C'est le thym qui m'attend
de coteaux à couteau
sur le flanc d'à côté

Demain matin
J'irai en chantant
dans le froid des matins
de printemps

Le teint frais,
le pas léger
Parmi les cistes
et les genêts.

L'échine pliée
Je m'échinerai 
sur les sols empierrés
j'avancerai courbée.

Demain matin
dans mon drap de cueilleuse
drap de lin noué
j'y rangerai les bouquets.

Vaille que vaille,
portée par le thym, le temps
l'étirement de mes pas
le sang qui bat dans mes tempes.

Que dire de plus, 
je serai la colline
mistral et farigoule
pêbre d'aï en pagaille

Demain matin
Je prendrai le chemin
de la colle faucille
à la main.




vendredi 13 janvier 2017

Travaux d'hiver

Olives prêtes à partir au moulin
Olives vertes en saumure

     L'hiver à la Lauve a commencé par la récolte des olives début décembre. Cette année, nous avons effectué notre récolte à la main directement dans les paniers. Nous verrons l'année prochaine comment nous ferons car l'oliveraie va devenir de plus en plus productive grâce aux soins apportés, et pour commencer une bonne taille au printemps.
Une fois les olives cueillies, nous trions les feuilles et nous les portons au moulin tous les quatres jours. Les olives sont stockées au frais en attendant d'être amenées au moulin. 
  Tant qu'à y être, nous avons également préparé les olives vertes mises en saumures après deux semaines de trempage dans l'eau pour enlever un maximum d'amertume, ainsi que les olives noires au sel.


   Les travaux d'hiver sont nombreux cette année, les vacances seront pour l'hiver prochain. Il faut préparer la prochaine saison. De nouvelles terrasses ont été préparées afin d'être mises en culture (Merci Jorg!) avec un passage au tracteur équipé de grosses griffes, puis fumées avec du fumier de mouton bio des paysans voisins (merci les voisins!). 

   Sur l'une de ces terrasses, nous avons pu planter avec Pauline les trois cent nouveaux framboisiers, des non-remontants afin d'avoir plus de framboises pendant la période estivale. Il faudra être un petit peu patient puisqu'il ne seront productifs que l'année prochaine.

   Oui, dans cet article, il y aura beaucoup de mercis car de supers ami-e-s sont venu-e-s prêter main forte sur la ferme. De très beaux moments partagés, et de grandes avancées!

C'est joli les restanques, mais on n'y passe pas avec n'importe quel tracteur, on épand donc le fumier à la brouette,
et avec une bonne copine c'est encore mieux! Ici sont attendus quelques centaines de plants de menthes au printemps prochain.

   Le chantier du séchoir qui était en pause a repris, même qu'on en voit le bout! Avec Gianni (tout plein de mercis!), nous avons mis en place la structure qui va accueillir les claies de séchage remplies de plantes. Maintenant que nous sommes surs d'avoir les bonnes dimensions, nous allons pouvoir passer à la fabrication des claies, une quarantaine environ.

   Enfin, nous avons isolé le toit du séchoir avec de la laine de bois (merci Christophe pour ton aide précieuse!) recouverte par des lattes de bois. Par la suite, tous les petits interstices du séchoir seront bouchés à la cire d'abeille afin d'avoir le maximum d'étanchéité pour une bonne efficacité de séchage.
  

Isolation du toit à la laine
de bois.
Vue du séchoir, avec les glissières à
claies finies.


      Dans les travaux d'hiver incontournables : le curage du canal. Les abords sont débroussaillés, et le canal débarrassés de tout ce qui l'obstrue. Mais cette année, nous en profitons pour le curer sérieusement, c'est à dire casser les 20 centimètres de calcaire accumulés depuis plusieurs années afin de retrouver la profondeur d'origine. Ce travail est effectué avec un jean-pierre, outil qui servait à désoucher les oliviers, sur les conseils de Claude. J'adresse d'ailleurs mes pensées à Claude et Annick, qui je pense seront heureux de voir ces images.


A l'aide du Jean-Pierre,  je casse la couche
de calcaire. On peut y observer différentes
strates, marquant les années. 

  L'hiver, c'est aussi le temps de tous les petits travaux : taille, nettoyage, entretien des outils, rangement etc..

    Mais l'hiver, c'est aussi du temps, un autre espace temps. Du temps pour les enfants, la famille, les amis, du temps pour soi. Du temps pour militer.
   Le temps de planter les arbres, ceux qui donneront les fruits à venir. Le temps de réfléchir à la saison qui vient, si on a assez de paniers, où est-ce qu'on installera la mélisse, combien faut-il commander de sachets pour conditionner les plantes.
  C'est le temps où l'on rêve du printemps, tout en souhaitant qu'il arrive le plus tard possible pour profiter de ce temps précieux.



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Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.


Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.


On croirait voir vivre
Et mourir la lune.


Comme les nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la Lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?

Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable

(Paul Verlaine)

mardi 1 novembre 2016

J'ai ouvert une grenade...


C'est l'automne.
Que j'aime l'automne.

      La pression qui retombe doucement. La douceur, la pluie, le temps qui s'étire. La lumière, apaisée. 
A la Lauve, c'est le moment de s'occuper du séchoir pour les plantes.
Le séchoir est construit en respectant le cahier des charges du Syndicat des Simples, auquel nous sommes postulants. Il est entièrement en bois non traité, sans colles ni aucun produits toxiques.



    Une fois la petite cabane montée, il restera à aménager l'intérieur c'est à dire monter des échelles de claies dans lesquelles les plantes seront mises à sécher. Les claies sont de simples cadres en bois sur lesquels est fixée une moustiquaire. En général, on utilise de grandes claies pour la plupart des plantes, et des plus petites pour les fleurs plus fragiles et récoltées en moins grandes quantités mais plus régulièrement.
  Les plantes sécheront dans le noir par déshumidification, technique de séchage qui ne chauffe ni n'altère la qualité des plantes. A condition d'avoir soigné la récolte et le mondage au préalable.



     C'est aussi le moment où je finis les dernières transformations, la mise en sachet/pot/flacon, l’étiquetage afin que tout soit prêt pour les fêtes, dernier temps fort de l'année au niveau de la commercialisation.

Fruits de saison
Mise en sachet du sucre de framboises






   Je fais plein d'essais avec la grenade, un fruit et un arbre magnifique qui me parlent depuis longtemps et que je retrouve ici à la Lauve. J'ai vraiment envie de cultiver ce fruit qui me fascine, et je souhaite planter quelques dizaines d'arbres de différentes variétés cet hiver.


Chantier pressage des grenades pour en extraire le jus


La grenade : un fruit aux multiples vertus,
dont les grains ressemblent à de véritables
pierres précieuses.


      Afin de pouvoir transformer les grenades (sirop de grenades, gelée), ou les consommer en jus il me fallait de quoi les presser. Je me suis inspirée des vendeurs de rue de jus de grenade pressés en Turquie et je me suis équipée du même pressoir à levier. Ce petit outil m'a permis de presser efficacement (mais avec pas mal d'huile de coude) des dizaines de litres de jus que j'ai vendu en frais sur les marchés, ou transformés en VRAIE grenadine.

Simple, efficace et mécanique.

Quelle couleur!







Mise en bouteille du sirop de grenadine, le vrai! Un délice...
   Par ailleurs, nous préparons le sol des terrains encore en friche afin que ceux-ci puissent être mis en culture au printemps. Et d'ici quelques jours, nous commencerons à planter les framboisiers (plein de nouvelles variétés!), et les fruitiers.

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"J’ai ouvert une grenade et suis en train de détacher ses amas de graines juteuses
Ce serait une bonne chose, me dis-je
Si les graines étaient visibles aussi dans le cœur des gens." (
Sohrâb Sepehri)

mercredi 24 août 2016

Chanson d'été

   L'été suit son cours, on sent que tout commence à redescendre, petit à petit, malgré la chaleur et la sécheresse. On rêve de pluie, et d'une bonne journée farniente à la plage quand tout le monde aura fait sa rentrée!

Les olives sont maintenant bien visibles.


     C'est l'heure des fraises et des framboises remontantes. Les récoltes sont quasi quotidiennes, et réalisées directement dans les barquettes pour ne pas abîmer les fruits. La plupart des fruits sont vendus en frais, une autre sera transformée soit par séchage, soit en sirop.

Framboisiers et grenadiers. Ceux-ci ont apprécié de profiter de l'irrigation et sont chargés de grenades. L'occasion
quand elles seront mûres de préparer de véritables grenadines!

Les framboisiers remontants sont palissés entre deux rangs de piquets et entourés de ficelle afin
de soutenir les cannes chargées de fruits.  Pas besoin de les attacher.

     C'est l'heure de fleurir pour les menthes, les basilics, les guimauves.  J'ai raté beaucoup de cueillettes à cause du séchoir qui n'était pas là. Nous devons le construire au mois de septembre afin de remédier à cela! En attendant, on profite simplement de la beauté des plantes. Mieux vaut ne pas sécher, que de mal sécher et proposer des produits de mauvaise qualité.

Guimauve
Fleur de menthe poivrée



Immortelle, armoise en fleur et sauges. 

Nous avons eu le droit a une belle visite, une tortue
d'Hermann sauvage. Une tortue terrestre protégée.
Nous l'avons gardée une journée dans un petit enclos
pour l'observer, avant de la relâcher (non sans lui avoir
donné quelques feuilles de salade pour la remercier!)




      Il était grand temps de parer les ânes mais encore fallait-il trouver le bon maréchal ferrant. Ce qui est chose faite. Le parage s'effectue deux fois par an, parfois une seule si les animaux ont l'occasion d'user leurs sabots. C'est très important pour le confort et la santé des ânes car un mauvais soin des pieds peut amener tout un tas de problèmes, d'inconfort voire de maladies. Et quand les bêtes travaillent, elles doivent avoir des pieds en bonne santé.


Le maréchal coupe la corne excédentaire avec une pince puis affine le travail
avec la râpe.







Tuyaux micro-poreux poritex : efficace, costaud, durable. Enjoy!
Mais l'été n'a pas été de tout repos car l'une des découvertes de notre nouveau pays, c'est l'eau calcaire. Très calcaire. Des heures passées à déboucher des tuyaux, changer des filtres, pour finalement se rendre compte que tous les tuyaux goutte à goutte étaient complètement colmatés...Passer tous les jours refaire des trous avec une aiguille à coudre (si, si!) afin que les plantes survivent. Finalement, se résoudre à changer de système d'irrigation en pleine saison. Pour cela, nous remercions des personnes qui se reconnaîtront qui nous ont permis de rebondir assez vite pour sauver les cultures. Désormais, les plantes sont irriguées avec du tuyaux micro-poreux spécial en tissus, enduit d'une résine qui empêche le calcaire de s'accrocher et qui fonctionne avec une irrigation par gravité (c'est à dire naturelle, sans pompe électrique ou thermique). C'est une chose importante pour nous d'avoir un système d'irrigation qui fonctionne sans électricité ni énergie fossile, simplement avec le mouvement de l'eau.

Cet hiver, il va tout de même falloir améliorer tout ça, on s'en réjouit d'avance! (je rigole!)

Des contrastes saisissants dont on ne se lasse jamais...

    Et la vie suit son cours, dans les jardins, dans les champs, mais aussi à l'extérieur. Des projets pour la ferme, mais aussi pour notre village et pour d'autres choses. C'est vrai que je n'en parle pas beaucoup (assez) sur ce blog, et pourtant se sont les engagements que nous avons par ailleurs qui donne du sens à ce que nous faisons sur notre ferme. Une idée pour un prochain article sur ce blog. A très bientôt, je vous laisse sur la chanson d'été.



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Chanson d’été

Albert Samain
Le soleil brûlant
Les fleurs qu’en allant
Tu cueilles,
Viens fuir son ardeur
Sous la profondeur
Des feuilles.

Cherchons les sentiers
A demi frayés
Où flotte,
Comme dans la mer,
Un demi-jour vert
De grotte.

Des halliers touffus
Un soupir confus
S’éléve
Si doux qu’on dirait
Que c’est la forêt
Qui rêve…

Chante doucement ;
Dans mon coeur d’amant
J’adore
Entendre ta voix
Au calme du bois
Sonore.

L’oiseau, d’un élan,
Courbe, en s’envolant,
La branche
Sous l’ombrage obscur
La source au flot pur
S’épanche.

Viens t’asseoir au bord
Où les boutons d’or
Foisonnent…
Le vent sur les eaux
Heurte les roseaux
Qui sonnent.

Et demeure ainsi
Toute au doux souci
De plaire,
Une rose aux dents,
Et ton pied nu dans
L’eau claire.

Albert Samain, Au jardin de l’infante