lundi 27 mars 2017

Giboulées

Récolte du prunellier, je ramasse
 les rameaux en boutons
avec quelques fleurs déjà écloses.

       C'est l'heure du grand réveil. Les grues, les hirondelles sont de retour. C'est comme ça, un jour c'est le printemps, on sort les faucilles et on part cueillir. Ça commence tranquillement, et sans s'en rendre compte on commence à courir derrière le thym, le romarin, le prunellier, les bourgeons de pin. On laisse tomber les chantiers inachevés, on se promet de finir tout ça l'hiver prochain et on plonge! La saison démarre.
Chargement du séchoir  qui prend du service avec Pauline!




Cueillette du thym en bouton.
Après séchage, le thym est battu dans un grand drap, puis passé à travers plusieurs tamis : un tamis à mailles
moyennes pour éliminer les branches et les intrus, puis un tamis à maille fine pour enlever la poussière
jusqu'à obtenir un joli produit.

   Cette année, enfin, je ne me consacre qu'aux plantes (enfin presque). La cueillette des bourgeons vient de se terminer. La médecine des bourgeons s'appelle la gemmothérapie. On ramasse ceux-ci à un stade très précis, qui dure de quelques heures à un ou deux jours : au moment du débourrage. C'est là qu'il ne faut pas se rater! Les bourgeons renferment toute la puissance du végétal et cela est palpable même durant la cueillette.
   Les bourgeons frais sont immédiatement mis à macérer sur le lieu de cueillette  dans une solution à base d'eau de source, de miel biologique et d'alcool dans laquelle ils macéreront un mois avant d'être filtrés et mis en flacon.
  Je profite des jours de pluie pour finaliser les dossiers de déclaration de compléments alimentaires, sans quoi je ne peux pas commercialiser les extraits de bourgeons, et à finir mes étiquettes.



Préparation de la base de macération
pour les bourgeons : eau de source,
miel biologique et alcool.





  Qui dit printemps, dit ménage de printemps! N'allons pas jusqu'à dire que c'était mal rangé, voir même que qu'il y avait de tout partout... Non non, pas du tout, il s'agissait simplement de faire un peu de place, pour pouvoir travailler. Rangement et inventaire du stock, ré-aménagement, re-manchage des outils, tri, nettoyage, graissage, huilage : en bref, grand ménage.

Rangement de l'atelier, on y est presque!









    Demain, c'est le grand  jour, celui de l'ouverture du canal et de l'arrivée de l'eau dans les jardins. Maintenant, c'est le moment de travailler le sol et de préparer les planches de culture pour semer les annuelles (calendula, bourrache, mauves, basilics etc..), et mettre en place les plantes pérennes (verveines, menthes, hysopes, camomilles etc...) au mois de mai.

binage des jeunes framboisiers


 Demain matin
Je prendrai le chemin
des collines faucille
à la main

Demain matin
C'est le thym qui m'attend
de coteaux à couteau
sur le flanc d'à côté

Demain matin
J'irai en chantant
dans le froid des matins
de printemps

Le teint frais,
le pas léger
Parmi les cistes
et les genêts.

L'échine pliée
Je m'échinerai 
sur les sols empierrés
j'avancerai courbée.

Demain matin
dans mon drap de cueilleuse
drap de lin noué
j'y rangerai les bouquets.

Vaille que vaille,
portée par le thym, le temps
l'étirement de mes pas
le sang qui bat dans mes tempes.

Que dire de plus, 
je serai la colline
mistral et farigoule
pêbre d'aï en pagaille

Demain matin
Je prendrai le chemin
de la colle faucille
à la main.




vendredi 13 janvier 2017

Travaux d'hiver

Olives prêtes à partir au moulin
Olives vertes en saumure

     L'hiver à la Lauve a commencé par la récolte des olives début décembre. Cette année, nous avons effectué notre récolte à la main directement dans les paniers. Nous verrons l'année prochaine comment nous ferons car l'oliveraie va devenir de plus en plus productive grâce aux soins apportés, et pour commencer une bonne taille au printemps.
Une fois les olives cueillies, nous trions les feuilles et nous les portons au moulin tous les quatres jours. Les olives sont stockées au frais en attendant d'être amenées au moulin. 
  Tant qu'à y être, nous avons également préparé les olives vertes mises en saumures après deux semaines de trempage dans l'eau pour enlever un maximum d'amertume, ainsi que les olives noires au sel.


   Les travaux d'hiver sont nombreux cette année, les vacances seront pour l'hiver prochain. Il faut préparer la prochaine saison. De nouvelles terrasses ont été préparées afin d'être mises en culture (Merci Jorg!) avec un passage au tracteur équipé de grosses griffes, puis fumées avec du fumier de mouton bio des paysans voisins (merci les voisins!). 

   Sur l'une de ces terrasses, nous avons pu planter avec Pauline les trois cent nouveaux framboisiers, des non-remontants afin d'avoir plus de framboises pendant la période estivale. Il faudra être un petit peu patient puisqu'il ne seront productifs que l'année prochaine.

   Oui, dans cet article, il y aura beaucoup de mercis car de supers ami-e-s sont venu-e-s prêter main forte sur la ferme. De très beaux moments partagés, et de grandes avancées!

C'est joli les restanques, mais on n'y passe pas avec n'importe quel tracteur, on épand donc le fumier à la brouette,
et avec une bonne copine c'est encore mieux! Ici sont attendus quelques centaines de plants de menthes au printemps prochain.

   Le chantier du séchoir qui était en pause a repris, même qu'on en voit le bout! Avec Gianni (tout plein de mercis!), nous avons mis en place la structure qui va accueillir les claies de séchage remplies de plantes. Maintenant que nous sommes surs d'avoir les bonnes dimensions, nous allons pouvoir passer à la fabrication des claies, une quarantaine environ.

   Enfin, nous avons isolé le toit du séchoir avec de la laine de bois (merci Christophe pour ton aide précieuse!) recouverte par des lattes de bois. Par la suite, tous les petits interstices du séchoir seront bouchés à la cire d'abeille afin d'avoir le maximum d'étanchéité pour une bonne efficacité de séchage.
  

Isolation du toit à la laine
de bois.
Vue du séchoir, avec les glissières à
claies finies.


      Dans les travaux d'hiver incontournables : le curage du canal. Les abords sont débroussaillés, et le canal débarrassés de tout ce qui l'obstrue. Mais cette année, nous en profitons pour le curer sérieusement, c'est à dire casser les 20 centimètres de calcaire accumulés depuis plusieurs années afin de retrouver la profondeur d'origine. Ce travail est effectué avec un jean-pierre, outil qui servait à désoucher les oliviers, sur les conseils de Claude. J'adresse d'ailleurs mes pensées à Claude et Annick, qui je pense seront heureux de voir ces images.


A l'aide du Jean-Pierre,  je casse la couche
de calcaire. On peut y observer différentes
strates, marquant les années. 

  L'hiver, c'est aussi le temps de tous les petits travaux : taille, nettoyage, entretien des outils, rangement etc..

    Mais l'hiver, c'est aussi du temps, un autre espace temps. Du temps pour les enfants, la famille, les amis, du temps pour soi. Du temps pour militer.
   Le temps de planter les arbres, ceux qui donneront les fruits à venir. Le temps de réfléchir à la saison qui vient, si on a assez de paniers, où est-ce qu'on installera la mélisse, combien faut-il commander de sachets pour conditionner les plantes.
  C'est le temps où l'on rêve du printemps, tout en souhaitant qu'il arrive le plus tard possible pour profiter de ce temps précieux.



____________________________________________________________________________

Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.


Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.


On croirait voir vivre
Et mourir la lune.


Comme les nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la Lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?

Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable

(Paul Verlaine)

mardi 1 novembre 2016

J'ai ouvert une grenade...


C'est l'automne.
Que j'aime l'automne.

      La pression qui retombe doucement. La douceur, la pluie, le temps qui s'étire. La lumière, apaisée. 
A la Lauve, c'est le moment de s'occuper du séchoir pour les plantes.
Le séchoir est construit en respectant le cahier des charges du Syndicat des Simples, auquel nous sommes postulants. Il est entièrement en bois non traité, sans colles ni aucun produits toxiques.



    Une fois la petite cabane montée, il restera à aménager l'intérieur c'est à dire monter des échelles de claies dans lesquelles les plantes seront mises à sécher. Les claies sont de simples cadres en bois sur lesquels est fixée une moustiquaire. En général, on utilise de grandes claies pour la plupart des plantes, et des plus petites pour les fleurs plus fragiles et récoltées en moins grandes quantités mais plus régulièrement.
  Les plantes sécheront dans le noir par déshumidification, technique de séchage qui ne chauffe ni n'altère la qualité des plantes. A condition d'avoir soigné la récolte et le mondage au préalable.



     C'est aussi le moment où je finis les dernières transformations, la mise en sachet/pot/flacon, l’étiquetage afin que tout soit prêt pour les fêtes, dernier temps fort de l'année au niveau de la commercialisation.

Fruits de saison
Mise en sachet du sucre de framboises






   Je fais plein d'essais avec la grenade, un fruit et un arbre magnifique qui me parlent depuis longtemps et que je retrouve ici à la Lauve. J'ai vraiment envie de cultiver ce fruit qui me fascine, et je souhaite planter quelques dizaines d'arbres de différentes variétés cet hiver.


Chantier pressage des grenades pour en extraire le jus


La grenade : un fruit aux multiples vertus,
dont les grains ressemblent à de véritables
pierres précieuses.


      Afin de pouvoir transformer les grenades (sirop de grenades, gelée), ou les consommer en jus il me fallait de quoi les presser. Je me suis inspirée des vendeurs de rue de jus de grenade pressés en Turquie et je me suis équipée du même pressoir à levier. Ce petit outil m'a permis de presser efficacement (mais avec pas mal d'huile de coude) des dizaines de litres de jus que j'ai vendu en frais sur les marchés, ou transformés en VRAIE grenadine.

Simple, efficace et mécanique.

Quelle couleur!







Mise en bouteille du sirop de grenadine, le vrai! Un délice...
   Par ailleurs, nous préparons le sol des terrains encore en friche afin que ceux-ci puissent être mis en culture au printemps. Et d'ici quelques jours, nous commencerons à planter les framboisiers (plein de nouvelles variétés!), et les fruitiers.

______________________________________________________________________________

"J’ai ouvert une grenade et suis en train de détacher ses amas de graines juteuses
Ce serait une bonne chose, me dis-je
Si les graines étaient visibles aussi dans le cœur des gens." (
Sohrâb Sepehri)

mercredi 24 août 2016

Chanson d'été

   L'été suit son cours, on sent que tout commence à redescendre, petit à petit, malgré la chaleur et la sécheresse. On rêve de pluie, et d'une bonne journée farniente à la plage quand tout le monde aura fait sa rentrée!

Les olives sont maintenant bien visibles.


     C'est l'heure des fraises et des framboises remontantes. Les récoltes sont quasi quotidiennes, et réalisées directement dans les barquettes pour ne pas abîmer les fruits. La plupart des fruits sont vendus en frais, une autre sera transformée soit par séchage, soit en sirop.

Framboisiers et grenadiers. Ceux-ci ont apprécié de profiter de l'irrigation et sont chargés de grenades. L'occasion
quand elles seront mûres de préparer de véritables grenadines!

Les framboisiers remontants sont palissés entre deux rangs de piquets et entourés de ficelle afin
de soutenir les cannes chargées de fruits.  Pas besoin de les attacher.

     C'est l'heure de fleurir pour les menthes, les basilics, les guimauves.  J'ai raté beaucoup de cueillettes à cause du séchoir qui n'était pas là. Nous devons le construire au mois de septembre afin de remédier à cela! En attendant, on profite simplement de la beauté des plantes. Mieux vaut ne pas sécher, que de mal sécher et proposer des produits de mauvaise qualité.

Guimauve
Fleur de menthe poivrée



Immortelle, armoise en fleur et sauges. 

Nous avons eu le droit a une belle visite, une tortue
d'Hermann sauvage. Une tortue terrestre protégée.
Nous l'avons gardée une journée dans un petit enclos
pour l'observer, avant de la relâcher (non sans lui avoir
donné quelques feuilles de salade pour la remercier!)




      Il était grand temps de parer les ânes mais encore fallait-il trouver le bon maréchal ferrant. Ce qui est chose faite. Le parage s'effectue deux fois par an, parfois une seule si les animaux ont l'occasion d'user leurs sabots. C'est très important pour le confort et la santé des ânes car un mauvais soin des pieds peut amener tout un tas de problèmes, d'inconfort voire de maladies. Et quand les bêtes travaillent, elles doivent avoir des pieds en bonne santé.


Le maréchal coupe la corne excédentaire avec une pince puis affine le travail
avec la râpe.







Tuyaux micro-poreux poritex : efficace, costaud, durable. Enjoy!
Mais l'été n'a pas été de tout repos car l'une des découvertes de notre nouveau pays, c'est l'eau calcaire. Très calcaire. Des heures passées à déboucher des tuyaux, changer des filtres, pour finalement se rendre compte que tous les tuyaux goutte à goutte étaient complètement colmatés...Passer tous les jours refaire des trous avec une aiguille à coudre (si, si!) afin que les plantes survivent. Finalement, se résoudre à changer de système d'irrigation en pleine saison. Pour cela, nous remercions des personnes qui se reconnaîtront qui nous ont permis de rebondir assez vite pour sauver les cultures. Désormais, les plantes sont irriguées avec du tuyaux micro-poreux spécial en tissus, enduit d'une résine qui empêche le calcaire de s'accrocher et qui fonctionne avec une irrigation par gravité (c'est à dire naturelle, sans pompe électrique ou thermique). C'est une chose importante pour nous d'avoir un système d'irrigation qui fonctionne sans électricité ni énergie fossile, simplement avec le mouvement de l'eau.

Cet hiver, il va tout de même falloir améliorer tout ça, on s'en réjouit d'avance! (je rigole!)

Des contrastes saisissants dont on ne se lasse jamais...

    Et la vie suit son cours, dans les jardins, dans les champs, mais aussi à l'extérieur. Des projets pour la ferme, mais aussi pour notre village et pour d'autres choses. C'est vrai que je n'en parle pas beaucoup (assez) sur ce blog, et pourtant se sont les engagements que nous avons par ailleurs qui donne du sens à ce que nous faisons sur notre ferme. Une idée pour un prochain article sur ce blog. A très bientôt, je vous laisse sur la chanson d'été.



_________________________________________________________________________________

Chanson d’été

Albert Samain
Le soleil brûlant
Les fleurs qu’en allant
Tu cueilles,
Viens fuir son ardeur
Sous la profondeur
Des feuilles.

Cherchons les sentiers
A demi frayés
Où flotte,
Comme dans la mer,
Un demi-jour vert
De grotte.

Des halliers touffus
Un soupir confus
S’éléve
Si doux qu’on dirait
Que c’est la forêt
Qui rêve…

Chante doucement ;
Dans mon coeur d’amant
J’adore
Entendre ta voix
Au calme du bois
Sonore.

L’oiseau, d’un élan,
Courbe, en s’envolant,
La branche
Sous l’ombrage obscur
La source au flot pur
S’épanche.

Viens t’asseoir au bord
Où les boutons d’or
Foisonnent…
Le vent sur les eaux
Heurte les roseaux
Qui sonnent.

Et demeure ainsi
Toute au doux souci
De plaire,
Une rose aux dents,
Et ton pied nu dans
L’eau claire.

Albert Samain, Au jardin de l’infante

lundi 25 juillet 2016

Après l'effort...


     Après quelques semaines intensives d'entretien des cultures et de transformation, de cueillettes, de débouchage du système d'irrigation (vive le calcaire!), d'expériences plus ou moins réussies, de galères diverses et variées, les produits sont au rendez-vous! Et avec eux les premiers marchés histoire de se rappeler qu'au bout d'un moment, on gagne un petit quelque chose.

  Nous commencions à être un peu rouillés et il a fallu remettre la machine en marche! Se refaire un stand digne de ce nom, mission que Boris a effectué avec brio. Étiqueter tous ces nouveaux produits, mission que j'ai effectué au dernier moment parce que sinon ce n'est pas drôle.



Maintenant, c'est officiel, il est de nouveau possible d'acheter nos produits, et la catalogue a été actualisé si vous voulez y jeter un œil :

http://fermedelalauve.blogspot.fr/2015/09/et-voicile-catalogue.html

Celui-ci va bien entendu s'étoffer au fur et à mesure.




    Tout ça, ça nous donne de l'énergie pour la suite! Car oui nous pensons déjà à l'année prochaine. Et nous avons plein de projets. Cet automne, nous allons aménager l'atelier de transformation avec l'installation du séchoir à plantes, d'un espace de travail digne de ce nom et d'un espace de stockage. Des nouveaux terrains seront mis en culture, un nouveau champs de framboisiers planté. Puis viendra l'hiver avec la récolte des olives, puis la taille. Au printemps, nous mettrons en place les quelques milliers de plants de plantes médicinales destinées à la confection de tisanes, sirops et liqueurs : verveine, menthes, hysope, mélisse, estragon, fenouil etc...
   Nous avons choisi de recentrer notre activité sur les plantes aromatiques et médicinales et les petits fruits rouges pour Alexia, et sur l'olive pour Boris. 

Le potager familial
Plantation de fraisiers Mara des bois.
   En attendant, la saison suit son cours et le temps est précieux. 
Je file dans les champs profiter de la fraîcheur encore présente de l'orage d'hier. A bientôt!

Récolte, lavage et mise au sel des câpres.


lundi 13 juin 2016

Ouvrons grand les yeux..




"Coqu’licot, coqu’licot.
Fleur des champs, coeur sauvage,
Coeur en fleur du bel âge,
Coeur des champs, pas méchant,
Troubadour des talus,
Vagabond des prairies,
Liberté de la vie,
Coqu’licot élu.
Bien mieux qu’un’ fleur snob,
Qu’une orchidée, « ma chère! »
Chérie! sur ta robe
N’est-c’ pas, c’est lui qu’tu préfères?
Coqu’licot des beaux jours,
Du soleil, des vacances,
Coeur ardent de la France,
Coqu’licot d’amour."
          Le printemps est là, mais il y a encore peu de choses à récolter dans les jardins première saison oblige...Peu importe, ouvrons les yeux, ouvrons grand les yeux.
En regardant bien, on peut se rendre compte des toutes les richesses qui nous entourent et qui poussent librement. Et avec un peu d'imagination, créer des produits aux saveurs, couleurs, parfums inattendus.

Cueillette des coquelicots qui rentreront dans la composition d'une tisane du soir avec le tilleul, la mauve, mélisse et camomille. Les pétales, très fragiles, doivent sécher rapidement. En attendant ils sont étalés sur un drap au fur et à mesure de la cueillette pour éviter qu'ils ne fermentent dans le panier. 


Pour préparer les nouveaux sels aux herbes, cueillette des herbes des collines : romarin, sarriette, origan et bien sur le thym. Je l'ai récolté un petit peu tard, en fin de floraison. Une fois sec, le thym est fermé dans un sac en tissus et battu pour séparer les feuilles des tiges. Les feuilles, mélangées alors à des débris sont ensuite tamisées plusieurs fois pour obtenir un joli produit.



Nous avons la chance d'avoir deux magnifiques câpriers et la saison des câpres démarre. Avant de les commercialiser, je fais des essais de câpres au sel, plutôt qu'au vinaigre comme le font les producteurs de câpres en Sicile. Il paraît que c'est bien meilleur. Les câpres sont des boutons floraux d'une fleur magnifique, qui malheureusement ne verra pas le jour si l'on récolte assidûment, alors j'en oublie quelques unes pour le plaisir des yeux.

    Les plantes arrivent tout de même, et je vais bientôt commencer la fabrication des baumes. Calendula, millepertuis, hélichryse, lys blanc sont mis à macérer dans de l'huile d'olive. Je met à fondre les cires de nos ruches les plus pures et les plus neuves afin d'obtenir une cire de grande qualité pour fabriquer les baumes.

Afin d'obtenir une cire bien propre, la cire est placée dans un
tissus fermé lesté au fond du fait-tout et recouvert d'eau.
Quand l'eau est bien chaude, la cire remonte à la surface
tandis que les impuretés restent dans le tissus. On laisse
refroidir et l'on obtient une  belle galette de cire!
Macérat de lys blanc




Des noix vertes...Pourquoi faire?
Hmm...vous le saurez bientôt!

 J'aime travailler avec les plantes sauvages...Et c'est presque à regret parfois que je retourne aux jardins, mais le plaisir revient vite car cela commence à prendre forme. Malgré d'immanquables ratés, les premières récoltes arrivent et avec elles les premières ventes, et la transformation : confitures, sirops, séchage etc...



A côté des travaux de plein air, je passe beaucoup de temps à bricoler les étiquettes des futures produits de la ferme...Travail fastidieux surtout quand on est autodidacte. Désormais, tout est prêt pour une belle saison, il ne reste qu'à s'engouffrer dans les premières chaleurs de l'été, ne pas trop réfléchir et penser parfois à regarder au loin.
Projet en cours : la fabrication des liqueurs.
Je vous en parlerai bientôt plus en détail!